Lettre ouverte - Inflation des loyers : une régulation nécessaire dans le parc privé et social
Monsieur le Ministre,
L’augmentation continue des loyers pèse de plus en plus lourdement sur le budget des ménages. Cette pression concerne autant le parc privé que le logement social, dans un contexte où le coût de la vie progresse (énergie, alimentation, assurances, transports) alors que les revenus n’évoluent pas au même rythme.
En France, la révision annuelle du loyer s’appuie le plus souvent sur l’Indice de Référence des Loyers (IRL). Ce mécanisme, conçu pour suivre l’inflation, entraîne mécaniquement une hausse régulière des loyers, indépendamment de la réalité économique des foyers. Lorsqu’il s’additionne année après année, il produit un effet cumulatif qui fragilise l’accès à un logement stable.
Cette situation interroge particulièrement dans le parc privé, où la hausse peut devenir insoutenable dans les zones tendues, mais aussi dans le parc social, dont la vocation est précisément de garantir une forme de sécurité résidentielle. Lorsque la progression automatique s’applique sans prise en compte de l’effort logement, des ménages peuvent se retrouver progressivement “coincés” : trop aisés pour certaines aides, mais pas assez pour absorber des hausses répétées.
Plusieurs pays européens ont mis en place des garde-fous pour limiter ces dérives et éviter que la hausse des loyers ne déconnecte totalement le logement du pouvoir d’achat. L’Allemagne encadre strictement les augmentations dans les secteurs en tension, les Pays-Bas s’appuient sur un système de points liés aux caractéristiques du logement pour plafonner certains loyers, et l’Espagne a limité les revalorisations annuelles dans des contextes particuliers. Ces cadres n’empêchent pas l’existence d’un marché locatif ; ils apportent surtout de la prévisibilité et protègent l’équilibre budgétaire des ménages.
Sans remettre en cause le principe d’une révision, une évolution de la réglementation française pourrait être étudiée afin de mieux concilier intérêts des bailleurs et stabilité des occupants. Plusieurs pistes existent : plafonnement des hausses cumulées sur plusieurs années, modulation renforcée en zones tendues, ou mécanisme de protection lorsque le taux d’effort logement dépasse un seuil raisonnable.
Le logement est un besoin essentiel et un socle de stabilité pour les familles. Une régulation lisible, équitable et durable permettrait de réduire les tensions, de sécuriser les parcours résidentiels et de préserver la cohésion sociale.
Nous vous serions reconnaissants de bien vouloir porter ce sujet au débat public et d’engager une réflexion sur une réglementation mieux adaptée à la réalité économique actuelle.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma considération respectueuse.
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