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[ Dépendance affective ]

Ma vidéo, sur le sujet, est en ligne sur YouTube, mais assez longue et peut-être ne l’avez-vous pas écouté jusqu’au bout, rassurez-vous je ne vous en veux pas 😉 mais comme c’est sur la fin de l’enregistrement qu’il est utile de se concentrer,  je retranscris mes propos ici (vous pourrez retrouver le lien de la vidéo en bas de cet article).

 

N’oubliez pas, retrouver une autonomie affective demande du temps et de la patience. Chaque individu est unique et sa dépendance l’est aussi. Le schéma présenté ci-après pourrait ne pas correspondre totalement à votre vécu.

Les comportements, face à une même situation, varient suivant votre sensibilité, vos expériences de vies, tout ce qui fait de vous un être humain différent d’un autre !

Ecoutez votre intuition et votre ressenti du moment. Prenez ce qui vous parle et laissez de côté ce qui ne résonne pas, ou ce qui n’est peut-être pas encore en alignement avec votre cheminement. Un jour après l’autre, un pas après l’autre.

Il existe plein de ressources sur ce thème,  certaines vous parleront, d’autres pas. C’est tout à fait normal. Il y a aussi « un temps pour tout ». Ce n’est peut-être tout simplement, pas encore « le bon moment pour vous ».

 

Je n’emploierai pas ici le mot « guérison » puisque, pour moi, la dépendance affective n’est pas une maladie mais plutôt un trait de personnalité ; pour la plupart, nous avons grandi avec !

En effet, la dépendance affective naît souvent d’un traumatisme pendant l’enfance.

Un véritable abandon physique et/ou émotionnel ou simplement fantasmé par l’enfant que vous étiez. Il s’est joué à ce moment-là, dans vos émotions, une douleur intense, immense, avec une peur de mourir.

Que vous ayez eu des parents défaillants ou tout à fait aimants.

Et j’ai envie de vous dire : peu importe !

Désormais, votre blessure est là et cette dépendance affective est « un système de protection » que vous avez mis en place, qui vous a suivi tout au long de votre construction et elle a encore peut-être aujourd’hui, des effets sur votre existence.

Elle aura généré un manque de confiance, une faible estime de vous-même, plus ou moins importante suivant la « profondeur » du malaise ressenti.

L’enfant que vous étiez, n’a pas eu assez de « nourriture affective » et il a grandi en essayant de remplir ses manques comme il le pouvait.

Dans ma vidéo, je parle de trou, de vide, de néant qui se creuse alors à l’intérieur de nous…

Encore une fois, ces manques étaient réels ou ce que vous avez reçu comme « amour » ne correspondait pas à ce que vous attendiez.

Une personne dépendante aura d’ailleurs tendance à beaucoup idéaliser la vie de couple.

 

Si vous ressentez le besoin de comprendre et que vous avez la possibilité de connaitre les causes de cette blessure, allez-y, foncez, il est toujours intéressant et enrichissant de connaitre son histoire. Mais si vous n’avez pas cette possibilité-là, rassurez-vous, cela n’aura pas ou très peu d’incidence pour votre propre cheminement. Rappelons-nous que cet « abandon » a pu être simplement ressenti et pas réellement vécu ; vos parents pourraient avoir dû mal à répondre à vos questions. Et eux aussi, ils ont fait « ce qu’ils ont pu » avec leurs propres blessures et leurs propres histoires.

Si vous avez eu des parents défaillants, la phase de la colère sera un processus logique mais il vous appartient désormais de reprendre le pouvoir sur votre vie d’adulte.

 

La question essentielle aujourd’hui, est plutôt de savoir comment combler ce vide, ces manques,  seul(e)s ?

 

Quand on prend conscience de sa dépendance que ce soit après une séparation, au travers de lectures, ou lors d’une thérapie, notre première réaction est de vouloir rejeter cette partie de nous-même. Nous ne voulons plus être « dépendant » mais devenir « indépendant » parce que l’on s’est aperçu que cette dépendance représentait bien trop de souffrances puisque souvent, la compréhension de notre mal-être intervient après une rupture douloureuse.

 

En effet, les séparations peuvent être complètement dévastatrices pour les personnes dépendantes.

Il se met en place à ce moment-là, de manière quasi automatique, des pensées très dévalorisantes :
« sans lui (ou sans elle), je ne suis rien »  «  je n’y arriverai jamais » « ma vie n’a plus de sens » « je veux mourir » « je ne vaux rien ».

C’est la peur et la détresse endurées étant enfant qui se rejouent à ce moment-là.

Il y a encore aujourd’hui, beaucoup de suicides après une rupture malheureusement (les statistiques démontrent d’ailleurs que ce sont les hommes qui vont avoir tendance à passer à l’acte). La douleur émotionnelle ressentie est si forte qu’elle peut en devenir physique, on peut en effet éprouver des angoisses, de la panique, tomber en dépression … Et à vouloir faire « taire » cette douleur à tout prix, peut amener à des idées suicidaires.

 

Les relations de couples s’avèrent souvent compliquées, quand la dépendance est importante.

Le dépendant, de par sa faible estime de lui-même, peut attirer à lui des relations toxiques, conflictuelles, ou malsaines.

La dépendance peut engendrer également  une jalousie abusive.

 

En effet, le conjoint vient, un moment, combler le vide intérieur de la personne dépendante et celle-ci n’aura de cesse de vouloir se rassurer, elle aura des attentes multiples et sera en demande d’attention excessive, car elle aura toujours en « arrière-plan » cette peur d’être « quittée, abandonnée » et sa plus grande crainte, est d’être seule.

Les deux partenaires peuvent alors être en souffrance : l’un parce qu’il ne sait rien faire sans l’autre tandis que le second peut finir par ne plus rien vouloir faire avec l’autre.

A vouloir éviter la rupture, le dépendant risque de la provoquer par ses attentes (de reconnaissance, de soutien, d’attention, de preuves …)  toujours trop nombreuses.

 

Il est à noter que beaucoup de vedettes, de stars, ou toutes personnes qui partagent exagérément leur vie privée
sur les réseaux sociaux peuvent souffrir d’une blessure d’abandon et de dépendance affective. A travers les médias, 
ils cherchent à combler leur besoin de reconnaissance. 
Attention, ceci n’est évidemment et en aucun cas un jugement car j’utilise moi-même ces canaux, mais je reste consciente du pourquoi…*

 

Pour la personne dépendante, le couple reste son unique centre d’intérêt. Son travail, sa vie sociale peuvent être secondaire. Si la stabilité du couple est menacée ou lors d’une séparation, le dépendant éprouvera beaucoup de
difficultés à se concentrer sur les autres aspects de sa vie.

 

Il est utile de souligner aussi que lorsque la blessure est profonde, il peut y avoir une confusion entre amour et dépendance.


Voilà pourquoi, les personnes dépendantes qui ont connaissance des effets de cet « état d’âme » sur leur vie quotidienne, leur vie amoureuse, vont avoir comme première résistance : rejeter cette part d’eux-mêmes.

 

Et moi, je vais vous dire de faire le contraire !

 

Si vous souhaitez réellement prendre de la distance avec votre dépendance, qui  vous  « colle à la peau » depuis un
certain temps … il faut déjà l’accepter !

Oui accepter qu’elle fasse partie de votre être, et arrêter de vouloir la refouler, car en faisant cela, c’est vous que vous rejetez ! Encore !

Car, et vous me direz si je me trompe, vous ne cessez de vous dévaloriser.

 

Oui, le dépendant n’est jamais « assez bien ».

Il peut se retrouver dans un schéma amoureux où il sera toujours quitté, parce qu’il aura attiré à lui des relations qui vont venir réveiller sa blessure.

Il aura plutôt  tendance à se victimiser, et avoir des pensées négatives sur lui ; « je suis nul(le) », « pas assez beau
(belle) » « pas assez riche » « pas assez intelligente » « pas assez » ….

La personne dépendante pense qu’elle n’est « pas assez aimable » et se sous-estimera en se comparant régulièrement aux autres.

 

Alors pour avancer progressivement vers un chemin d’apaisement de vos émotions, qui vous apportera une meilleure estime de vous-même et qui vous conduira vers une autonomie affective de plus en plus sécurisante, il faut commencer par le commencement.

 

Acceptez-vous.
Acceptez cette partie de vous. Même si vous n’êtes pas d’accord avec celle-ci.*

Acceptez simplement que vous ne soyez pas encore la personne que vous voulez être, mais laissez-vous le temps d’y arriver en accueillant cette dépendance.

Vous faites ce que vous pouvez !

Rappelez-vous que c’est un système de protection que vous avez mis en place étant petit(e) pour vous protéger ! Dites-vous merci pour cela ! C’est la première étape.

 

Ensuite, doucement,  vous pourrez conquérir cette fameuse « confiance en soi », le Saint Graal pour tout dépendant qui se respecte ;-).

Là aussi, et j’en suis vraiment  désolée, il n’y a pas de « truc » miracle, ou d’astuce rapide pour reprendre des années de fausses croyances.  Mais il y a un passage magique !

 

C’est faire le chemin à l’inverse de celui que vous avez emprunté jusqu’à présent.

 

C’est, chaque jour, reconnaître ses victoires, ses progrès. C’est avoir une douce pensée pour soi-même si on n’a pas réussi quelque chose. C’est arrêter cette déconsidération de vous-même.

C’est accepter (et oui encore) de ne pas toujours y arriver. Etre plus indulgent(e) avec ses défaites.

Et peut-être accepter (oui oui, toujours) qu’il y a une partie de votre vie qui restera plus fragile qu’une autre.

Ce n’est pas grave, personne n’est performant dans tous les domaines de sa vie !


Aucune victoire n’est banale ou anodine. Tout le monde a ses montagnes à franchir. Elles sont différentes d’une personne à une autre, d’un parcours à l’autre. C’est être fièr(e) de soi, même pour la plus petite des réussites !


C’est trouver ce qui vous fait du bien, vous met du baume au cœur, seul(e) !  


C’est se concentrer sur ce que vous avez et non sur ce qui vous manque.


Les débuts seront un peu hésitants, vous pourrez avoir des paroles bienveillantes envers vous-même, mais au fond de vous, ne pas croire un seul mot de ce que vous dites … mais si vous persévérez, petit à petit, sans vous en rendre compte, vous finirez par y croire !

 

Il y aura peut-être encore des jours où la dépendance prendra toute la place et d’autres où elle sera plus discrète voire même invisible. Mais elle est une partie de votre personnalité. C’est peut-être votre sensibilité qui vous a amené à ressentir un manque plus grand. Aimez-vous avec elle. Plus vous l’accepterez, moins vous la rejetterez, moins elle voudra s’imposer. Apprivoisez là puisqu’elle est en vous !


Je vous promets qu’il y aura beaucoup moins de drames dans votre vie si vous commencez ce chemin de douceur parce que,  c’est comme cela que vous allez pouvoir reprendre le contrôle, le pouvoir.

Vous êtes juste assez. Pas besoin d’en faire plus, pas besoin d’en faire moins.

Vous êtes juste assez même avec votre dépendance

  

Les étapes de distanciation de la dépendance affective se définissent comme telles :

 

  • Savoir la reconnaître ; repérer l’émotion en lien avec la blessure, les comportements de dépendance.
  • L’accepter.
  • Apprendre à vivre avec elle … autrement.

 

 

Avant de clore cet article, on m’avait posé la question à savoir comment la dépendance pouvait influer sur nos enfants. Est-ce que la dépendance affective est héréditaire ? 

Et quelles sont les conséquences des comportements de dépendants dans leur éducation ?

Pour cela, je vous invite à visionner mon enregistrement à environ 48 minutes de la fin, où je donne mes réponses sur ces différents questionnements : https://www.youtube.com/watch?v=dB79R03n7dE

 


Je peux, si vous le souhaitez, vous proposer un accompagnement et quelques outils simples à mettre en place pour vous aider à explorer vos atouts ! N’hésitez pas à me contacter (mes tarifs sont sur don libre ;-))

 


Cependant, si vous éprouvez encore une véritable souffrance, je vous encourage vivement à consulter un médecin, un psychologue ou un médecin psychiatre.

Vous pouvez également  envisager l’EMDR.

« C’est quoi l’EMDR ? Entre l’hypnose et la thérapie cognitive et comportementale, l’EMDR est une thérapie psycho neurobiologique basée sur la stimulation sensorielle. Recommandée par l’Organisation mondiale de la santé, elle aide les patients à « ranger » leurs mémoires traumatiques en cas de stress post-traumatique. »

 

 

Bien à vous.

Avec toute ma bienveillance.

Céline 

* Pour celles et ceux qui souhaitent approfondir le sujet, qui souhaitent apprendre à se connaitre et qui veulent développer ce concept d’acceptation. Je vous conseille ces quelques lectures dont je me suis inspirée  pour mon propre parcours. Carole Rinaldi vient également de sortir un livre « Blessures émotionnelles : grandir de ce qui nous fait souffrir », que je n’ai pas encore eu le temps de lire mais qui pourra surement vous apporter quelques ressources !

 Et si vous disposez d’un peu de temps devant vous ;-), vous pouvez (re)-visionner ma vidéo sur mon témoignage concernant mon propre cheminement.

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