Lettre ouverte | Inflation des loyers et revenus figés : jusqu’où peut-on tenir ?

Lettre ouverte - Inflation des loyers et revenus figés dans le logement social

Monsieur le Ministre,

Je vous écris en tant que locataire du parc social, salariée, et mère élevant seule son enfant. Je ne vous écris pas pour demander un traitement de faveur, mais pour témoigner d’une situation qui devient, pour beaucoup de familles comme la mienne, tout simplement intenable.

Je vis dans un logement social en région lyonnaise. Mon loyer charges comprises atteindra bientôt environ 760 euros par mois après la revalorisation liée à l’Indice de Référence des Loyers (IRL), alors que mes revenus, eux, n’augmentent pas. Je ne bénéficie pas d’aides au logement, ce qui signifie que chaque hausse est supportée intégralement par mon budget.

Comme beaucoup de Français, je subis l’inflation sur l’alimentation, l’énergie, les assurances, les transports. Je suis mère seule. Je paie mon chauffage, mon électricité, mon eau, mes assurances et l’ensemble de mes charges comme un foyer à deux revenus… mais avec un seul salaire.

J’ai pourtant tenté, à plusieurs reprises, d’accéder à la propriété, y compris via des dispositifs sociaux comme le BRS. Mais à chaque fois, les conditions financières m’obligeaient à utiliser la totalité de mon apport et à me retrouver sans aucune épargne de sécurité. Par ailleurs, ma localisation m’est imposée par la garde alternée de mon enfant et par mon emploi. Je suis ainsi, de fait, prisonnière d’un marché immobilier devenu inaccessible.

Ce qui me frappe, c’est l’injustice profonde du mécanisme actuel : lorsqu’on est propriétaire, on ne s’augmente pas son propre « loyer ». Mais lorsqu’on est locataire, et notamment locataire du parc social parce que l’on n’a pas les moyens d’acheter, on subit des hausses automatiques chaque année, indépendamment de l’évolution de ses revenus.

Que se passera-t-il dans cinq ans Que se passera-t-il dans les années à venir si cette logique continue ? Mon loyer augmentera chaque année, mes charges aussi, alors que mes revenus resteront figés. Jusqu’où cela ira-t-il ? 800 €, 900 €, 1 000 € par mois ? À quel moment un logement locatif devient-il incompatible avec une vie digne ? Et surtout… quand cela s’arrête-t-il ?

Le logement social a été créé pour protéger les ménages modestes, pas pour les conduire, lentement mais sûrement, vers l’asphyxie financière. Or aujourd’hui, l’IRL appliqué sans prise en compte des revenus produit exactement l’inverse.

J’ai demandé à mon bailleur un réexamen de mon dossier, car l’application de l’IRL ferait dépasser un taux d’effort logement supérieur au seuil raisonnable. La réponse qui m’a été faite est que cette hausse serait « obligatoire » et que mes revenus ne seraient pas pris en compte. Je pensais pourtant que le logement social avait précisément vocation à éviter ce type de situation.

Je demande simplement que la révision des loyers du parc social tienne réellement compte des revenus, afin que le logement reste ce qu’il doit être : un socle de sécurité, pas une source d’angoisse permanente.

Je vous serais reconnaissante de bien vouloir recevoir ce témoignage comme l’expression sincère d’une inquiétude partagée par de nombreuses familles.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma considération respectueuse.

Céline

✍️ Soutenir la pétition

Si la hausse des loyers vous touche, dans le social comme dans le privé, vous pouvez soutenir cette démarche ici :

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Vous pouvez aussi témoigner directement par email :

vincent.jeanbrun@assemblee-nationale.fr
Merci du fond du cœur à toutes les personnes qui signeront, qu’elles vivent cette situation ou qu’elles choisissent simplement de soutenir celles qui la traversent.
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